Archive for April, 2008

Des yeux pour l'opinion publique

Tuesday, April 29th, 2008

On a énormément parlé dans les médias et la blogosphère montréalaise des évènements déplorables qui ont suivi la victoire du Canadien en 1ere ronde des séries.

Ce qui a également beaucoup retenu l’attention, c’est la couverture “youtoubesque” de l’évènement. En effet, un très grand nombre de vidéos ont été captées et mises en ligne par les gens présents. «Dès qu’il y avait de l’action, tout le monde sortait son cellulaire pour filmer» raconte un participant.

Ce que les médias ont surtout retenu de ce nouveau phénomène c’est l’aide que cela va apporter au travail des policiers. D’autant plus que de nombreuses personnes ont choisi de leur remettre directement les preuves filmées. Il y en a même pour crier à la délation.

Mais si les autorités ici semblent se réjouir du phénomène, probablement que cela les rend également passablement plus nerveux. Leurs moindres faits et gestes un tant soit peu controversés risquent eux aussi de se retrouver sur la place publique. Et cette fois, le risque ne provient plus uniquement d’une institution journalistique en général plus facilement “gérable”.

Les bavures seront infiniment plus difficiles à cacher en cette ère de communication totale. L’opinion publique a les yeux de plus en plus perçants.

Je crois bien vous avoir déjà parlé du 5e pouvoir, n’est-ce pas?

Pierre M

Boycottage mémétique

Wednesday, April 9th, 2008

On parle énormément ces jours-ci de la pertinence ou non de boycotter les Jeux olympiques de Beijing. Que ce soit le boycott de l’évènement au complet ou uniquement de la cérémonie d’ouverture, le débat fait rage. Et à voir le succès des manifestations entourant le parcours de la flamme, une partie importante de la population semble se sentir concernée par le sujet.

Ce qui me surprend dans tout ça c’est que, malgré les nombreux appels au boycott visant la classe politique mondiale, aucune initiative à grande échelle visant monsieur et madame tout le monde ne semble exister. On retrouve bien sur Facebook de nombreux groupes faisant la promotion d’un boycottage mais, corrigez-moi si je me trompe, aucune initiative mondiale du type Earth Hour.

Pourtant, on le sait et on le dit, la Chine semble vouloir utiliser les Jeux comme outil de promotion, pour ne pas dire de propagande. Dans ce contexte, la population mondiale possède un pouvoir non négligeable, le pouvoir de simplement refuser de “consommer” et de propager l’information. Quelle meilleure façon d’exprimer un désaccord à celui qui désire par-dessus tout de la visibilité que de l’ignorer complètement.

Il y aurait bien sûr un impact économique sur les diffuseurs traditionnels (télévision, journaux), et par ricochet sur le CIO (à l’avenir, ils y réfléchiront à deux fois avant d’accorder les jeux à ce genre de pays controversé) et sur l’organisation chinoise.

Mais c’est surtout le potentiel d’un tel boycott sur la toile qui est intéressant. Imaginez si aucun blogue ne parle de l’évènement, si personne ne “digg” l’information et si les internautes boudent les sites traitant de celle-ci. On assisterait à l’une des premières “manifestations mémétiques” (relatif au mèmes) à grande échelle de l’histoire.

L’impact symbolique serait extraordinaire. Plus que symboliques, les répercussions à long terme seraient à mon avis considérables bien que difficiles à prévoir.

Et tout ça par une action hautement pacifiste. C’est d’ailleurs ce qu’a décidé de faire Patrick Lagacé du journal La Presse.

Personnellement, je ne crois pas que le boycottage des Jeux dans son ensemble soit une bonne idée. Historiquement, l’impact de ce genre d’initiative s’est avéré négligeable. Ensuite, les victimes principales en sont les athlètes. Mais surtout, cela risque de braquer d’une façon dangereuse le peuple chinois qui vit malheureusement sous le joug d’une désinformation institutionnalisée.

Par contre, le boycottage de la cérémonie d’ouverture, qui n’est rien d’autre qu’un gros évènement de relation publique pour la Chine, représente un compromis intéressant. De plus, étant un évènement très ponctuel, un boycottage mémétique est beaucoup plus réalisable, et aucun athlète n’en serait pénalisé.

Le 5e pouvoir a ici un moyen puissant de se faire entendre. Reste à savoir si le bébé est prêt à se redresser.

Pierre M

Un flash mob nommé Earth Hour

Friday, April 4th, 2008

Avez-vous songé que l’évènement Earth Hour du week-end passé avait été en réalité un gigantesque flash mob à l’échelle planétaire?

Quand je mentionnais dans un billet passé que les flashs mobs, qu’on associe en général à des évènements futiles du genre bataille d’oreillers, étaient un phénomène précurseur de quelque chose de beaucoup plus significatif, je n’avais pas réalisé qu’on en était déjà à ce point là.

Le mouvement Earth Hour est essentiellement symbolique, mais les économies d’énergie sont quand même réelles et significatives. Et surtout, comme campagne de sensibilisation, c’est particulièrement réussi.

Le succès de l’évènement démontre que nous sommes nombreux sur cette planète à être sensibles aux bonnes causes, et prêts à nous impliquer d’une façon quelconque.

Avec le web comme catalyseur, les actions de masse, qu’elles soient à caractère environnemental, politique, économique ou autres, ont un potentiel d’influence et d’accomplissement extraordinaire. Encore une fois, il ne s’agit que de réussir à atteindre une masse critique de participants pour que ces mouvements deviennent une nouvelle puissance significative dans notre monde, un cinquième pouvoir.

Des initiatives très prometteuses sont d’ailleurs déjà en branle sur la toile. Le site web The Point, lancé en septembre 2007, regroupe et coordonne les internautes autour d’actions, pour contribuer à résoudre divers problèmes soumis par eux. Le concept est très bien, et il en existe probablement d’autres. Il n’y manque plus que les participants pour que les riches et puissants de ce monde tremblent devant ce nouveau pouvoir.

Allez et participez en grand nombre, ensemble on peut changer le monde.

Pierre M

Big Brother Google

Tuesday, April 1st, 2008

Via Revue de web du Nouvel Obs.

La branche française des Big Brother Awards (BBA-F) vient de décerner un prix Orwell 2007 à Google pour l’ensemble de son oeuvre.

Les Big Brother Awards sont des “récompenses” octroyées aux entreprises privées, aux agences gouvernementales ou aux individus qui ont particulièrement “excellé” dans les violations de la vie privée. Ils sont remis indépendamment dans une quinzaine de pays, et la première remise internationale a eu lieu en mai 2007 à Montréal.

Selon un rapport du groupe Privacy International, Google est la seule entreprise à avoir obtenu la pire appréciation “Hostile to privacy” lors d’une étude comparative de 23 grands sites internet. À ma grande surprise, Google a même été jugé pire que Facebook à ce chapitre. C’est tout dire, et très inquiétant.

D’autant plus inquiétant que Google est l’un des chefs de file du Cloud Computing, cette tendance lourde, et à mon avis très prometteuse, qui émerge inéluctablement dans le monde de l’informatique et du web. Et avec l’avènement du Cloud Computing, l’enjeu de la protection des informations personnelles et de la vie privée sera exacerbé d’une façon sans précédent.

Si l’on veut que les internautes puissent bénéficier du Cloud Computing tout en évitant que celui-ci ne devienne un outil d’aliénation dangereux entre les mains des puissants de ce monde, la communauté devra trouver une façon de modérer les dérives de l’industrie en ce domaine.

Ce qu’il serait souhaitable, c’est que la communauté web se dote de ses propres règles de confidentialité et de conditions d’utilisation, élaborées par l’entremise d’un wiki par exemple. Puis, en favorisant dans les choix de consommation les entreprises qui y souscrivent, qu’elle “convainque” l’industrie d’y adhérer par la seule force de son poids économique. La réussite d’une telle initiative ne dépendrait que de l’importance de la communauté et de son degré d’activisme. Il s’agit d’arriver à atteindre une masse critique d’internautes pour que le mouvement connaisse une croissance catalytique, et devienne incontournable pour l’industrie. Rien d’impossible avec une bonne campagne de promotion et de sensibilisation. C’est à mon avis tout à fait réalisable, et hautement souhaitable.

En tout cas, s’il y a des volontaires pour mettre en place ce genre d’initiative, ou si cela existe déjà, je participerai avec plaisir.

Sinon, on pourrait un jour en arriver à ça. 😉

Pierre M