Archive for March, 2008

La loi de Craigslist

Thursday, March 27th, 2008

Une nouvelle hilarante ici à propos de la mésaventure d’un gars de l’Oregon avec le site de petites annonces Craigslist. Quelqu’un aurait publié à son insu une annonce à l’effet que toutes ses affaires, incluant son cheval, étaient à donner. Il a eu toutes les misères du monde à stopper des gens qui se poussaient allègrement avec ses affaires en s’obstinant qu’ils étaient dans leurs droits, sous prétexte que c’était annoncé sur Craigslist.

C’est comique, mais en même temps triste. Triste parce que c’est une indication que les internautes en général n’ont pas encore acquis la maturité nécessaire pour bien utiliser le web.

On le sait depuis longtemps, l’information est l’une des principales clés du pouvoir. En mettant à notre disposition une quantité quasi illimitée d’information, non censurée et facilement accessible, le web nous donne à tous, internautes, un pouvoir sans précédent dans l’histoire humaine. Un grand pouvoir.

Et qui dit grand pouvoir dit grande responsabilité.

Contrairement à ce à quoi les médias traditionnels nous ont (presque) habitués, l’information disponible sur le web est loin d’être toujours exacte. L’une des grandes responsabilités qui incombent dorénavant aux internautes est celle de développer et d’utiliser un sens critique à l’égard de toute cette information. La responsabilité de réfléchir sur l’information.

La communauté numérique ne pourra pleinement bénéficier du nouveau pouvoir de l’information que lorsqu’elle aura acquis la maturité nécessaire pour prendre en charge les responsabilités qui vont avec.

Prenez l’exemple du journalisme citoyen. Ce phénomène est très critiqué parce que l’information qu’on y retrouve n’est pas nécessairement vérifiée, complète, impartiale ou même véridique. Ce qui est tout à fait exact.

Pourtant, pouvoir disposer presque en temps réel d’information à la source provenant des gens qui vivent et souvent subissent l’évènement est tout simplement extraordinaire. Ou plutôt, a le potentiel d’être quelque chose d’extraordinaire, si les internautes développent le sens critique requis pour utiliser l’information adéquatement et à sa juste valeur. Sinon, le journalisme citoyen peut effectivement être un outil plutôt pernicieux, et même dangereux.

On pourrait croire que nous sommes encore loin d’avoir acquis cette maturité. Peut-être bien, mais je crois que cela viendra. Après tout, la nouvelle révolution de l’information n’en est qu’à ses tout débuts. J’ai bon espoir que les prochaines générations seront bien meilleures dans l’utilisation de l’information. Et c’est alors qu’on réalisera vraiment le plein potentiel du web.

Pierre M

L'anonymat: pour le meilleur, ou pour le pire?

Saturday, March 15th, 2008

S’il y a un sujet de tout temps controversé et âprement débattu dans la blogosphère, c’est bien la question de l’anonymat. Surtout lorsque l’on tombe sur ce genre de nouvelle.

Deux positions extrêmes et apparemment irréconciliables s’y affrontent.

Il y a ceux qui défendent ardemment le droit à l’anonymat afin de protéger la vie privée et la liberté d’expression. Sur le site de l’organisme américain Electronic Privacy Information Center, on peut entre autres y lire que “l’anonymat est un rempart contre la tyrannie de la majorité” (traduction libre).

Il est indéniable que l’anonymat procure une certaine protection de la vie privée. Et en ce sens, l’anonymat est peut-être une soupape de sécurité opportune, sinon indispensable, pour lutter contre les dérapages possibles des sociétés dans leur utilisation des technologies et du web.

Devoir de réserve, régime totalitaire, crainte du rejet, difficulté à assumer certains aspects de sa personnalité, plusieurs raisons peuvent limiter grandement la liberté d’expression lorsque l’identité est affichée au grand jour. Les cas de répressions sont malheureusement légion, même dans nos pays “libres”.

On peut argumenter que cette protection est somme toute relative et que, par exemple, cela n’a pas empêché la RIAA d’effectuer ses basses oeuvres. Mais dans l’état actuel des choses, elle est probablement suffisante, et de toute façon les moyens technologiques existent, et existeront toujours, pour qui veut la renforcer.

Ceux qui réprouvent l’anonymat évoquent surtout la perte de crédibilité et l’impunité ouvrant la porte aux comportements malfaisants ou diffamatoires.

Perte de crédibilité? Effectivement, l’internaute anonyme s’expose à être boudé par d’autres, ou même carrément écarté de certains sites et forums où l’on considère la crédibilité comme essentielle. Mais chaque personne est à même de peser le pour et le contre et de faire un choix approprié pour elle-même. Et d’en assumer les conséquences éventuelles. C’est un choix personnel et je ne vois aucune raison de ne pas respecter cela.

Reste le problème grave de la diffamation et des autres comportements nuisibles, faits sous le couvert de l’anonymat. Malheureusement, les blogues et les forums de discussions subissent régulièrement les sévices de trolls et autres contributeurs indésirables. Mais sauf dans des cas où les préjudices sont jugés suffisants pour avoir recours aux systèmes judiciaires (et dans ces cas, l’anonymat est souvent possible à lever: voir RIAA), il n’est pas nécessaire ni même utile de savoir que le connard anonyme qui t’insulte sur ton blogue s’appelle Joe Blo. La frustration vient plutôt du fait que l’on ne sait rien du personnage, qu’il nous est impossible de communiquer avec lui. Le malaise est en fait dû à l’absence de visage associé au conflit. Mais pouvoir y associer un “visage numérique” est à mon avis tout à fait suffisant. Personnellement, me faire insulter par “Anonymous” est inacceptable. Mais si cela vient d’un internaute ayant pignon sur rue numérique, avec un blogue, un profil MySpace, ou n’importe quoi du même genre, cela ne fait aucune différence si celui-ci s’affiche en utilisant son vrai nom ou un pseudonyme du genre farouche28.

Pour le meilleur et pour le pire, et qu’on le veuille on non, l’anonymat est très largement répandu sur la toile. Il semble répondre à un besoin, réel ou perçu, d’une grande partie des internautes. De plus, combattre l’anonymat c’est encore une fois s’engager dans une course aux armements technologiques coûteuse et sans fin entre les “bons” et les “méchants”. À mon avis, on doit plutôt trouver le moyen d’encadrer adéquatement ce désir d’anonymat.

Peut-être que la solution à long terme réside dans l’établissement d’une identité numérique standardisée, anonyme ou non (au choix), associée à un courriel ou à un profil quelconque. Un genre d’Open ID universel. Cela pourrait même être combiné à un système de notation de la réputation, ce qui permettrait de policer jusqu’à un certain point les comportements répréhensibles. À mon avis, c’est un futur très plausible et peut être même souhaitable.

Dans tous les cas, je crois qu’il serait préférable et même primordial de conserver la possibilité de dissocier notre identité physique de notre (nos?) identité numérique. On court peut-être le risque d’induire un certain chaos, mais le secret sera d’en minimiser l’impact. Je crois que le jeu en vaut la chandelle.

Et après tout, un peu de chaos n’a jamais fait de mal à personne.

Pierre M

Le Burning Man et internet

Friday, March 7th, 2008

Pour ceux et celles dont la curiosité avait été piquée par mon billet sur l’avènement du “gratuit”, l’édition de mars du magazine Wired consacre sa une à cette tendance. Très intéressant.

Par le fait même, il y dévoile l’un des liens “mystérieux” que j’avais évoqués dans un billet précédent, entre le web et le Burning Man. Il s’agit de l’économie du don (aussi appelé “économie de cadeau”) ou “Gift Economy“. Je dois dire que l’association entre le net et l’économie du don n’est pas nouvelle, loin de là. Mais jusqu’à présent, ce concept demeurait cantonné dans le discours de certains spécialistes et idéologues.

L’économie du don est un système économique où les biens et services sont donnés, sans autres ententes explicites de réciprocité immédiates ou futures. Selon certains, ce fut l’un des premiers systèmes économiques à apparaître dans l’histoire humaine. Dans les premières communautés, le chaman-sorcier-guérisseur soignait les âmes et les corps, le tailleur de pierre confectionnait les outils, la sage-femme aidait aux accouchements, et tous profitaient du fruit de la chasse des chasseurs. Tous avaient un rôle, et en retour tous profitaient du labeur des autres. Pas plus compliqué que cela.

Sur le net, l’économie du don est omniprésente depuis les tout débuts. Que ce soit en rédigeant des blogues, en participant à des communautés du type Wikipedia ou en mettant en ligne les fruits de leurs créations, d’innombrables internautes contribuent volontairement au contenu offert sur le web. Et ce, sans attendre d’autre gratification que celle d’avoir accès à leur tour gratuitement au contenu offert. Cette tendance s’est intensifiée encore avec l’arrivée du Web2.0.

L’économie du don est également l’une des caractéristiques remarquables du Burning Man. C’est aussi l’un de ses principes fondateurs: tous les participants doivent contribuer à leur façon à l’évènement, peu importe la façon. C’est théoriquement un évènement sans spectateurs. En échange, tous profitent gratuitement de ce qui est offert. Et ce qui y est offert est tout simplement exceptionnel, en quantité et en qualité, mais surtout en originalité. Séances de massage, ateliers de toutes sortes, repas, bars (n’oubliez pas vos verres!), musiques, sculptures, expressions artistiques de toutes sortes, des plus simples aux plus extrêmes, raves, spectacles. Et j’en passe et des meilleurs. C’est d’ailleurs ce qui fait de cet évènement un tel phénomène. En fournissant un environnement où les limites et les tabous n’existent pratiquement pas, le Burning Man permet un foisonnement incroyable de la créativité de ses participants.

C’est d’ailleurs une autre similitude importante entre le Burning Man et le web: tous les deux favorisent l’explosion de la créativité humaine. Avec le web, on voit apparaître toutes sortes de formes d’expressions inédites, qui repoussent les limites de l’art et des communications. Dans les deux cas, les raisons en sont similaires. Tout comme le Burning Man, le web offre un environnement où les limites traditionnelles de la création et de la diffusion sont repoussées. Et lorsqu’on ouvre les horizons et qu’on repousse les limites, le potentiel créatif des gens explose.

Pourquoi l’économie du don est-elle apparue si naturellement avec l’arrivée du web? Peut-être bien parce que celui-ci réalise finalement la prédiction faite jadis par Marshall McLuhan, celle de l’avènement du village planétaire global. Et l’économie du don est le système économique qui émerge naturellement dans un village, tout comme ce fut le cas dans les premiers âges de l’humanité.

On peut voir de mauvais côtés à vivre dans un village. Entre autres, notre vie privée l’est un peu moins, et c’est effectivement ce qui arrive avec le web. Mais moi j’y vois également, et surtout, de nombreux avantages.

Pierre M

P.-S. J’en profite pour vous recommander un autre lien concernant le Burning Man. Je vous préviens cependant que si vous êtes du genre à avoir été offusqué par le “nipplegate“, ce site n’est pas pour vous 😉 .

Petites vites

Tuesday, March 4th, 2008

Pour le plaisir, j’ai décidé de vous faire part de temps en temps de mes petites découvertes “pas rapport” faites sur le web.

Un concept promotionnel génial et addictif. Je vous mets au défi de ne pas y passer de longues minutes.

Bientôt sur nos écrans d’ordinateur.

Un jeu en ligne hilarant.

Un blogue fascinant et troublant.

Dans un tout autre ordre d’idées, je me suis converti récemment à Firefox. Absolument génial, surtout avec tous les petits add-on qu’on peut y ajouter. Désolé Bill, mais bye bye Internet Explorer!

Pierre M